Les faux-semblants et la peur d’un réel changement


Il est temps que cesse cette grande hypocrisie pour donner une chance au pays de sortir de cette situation d’indigence et de dépendance chroniques. Arrêtons-nous un moment et regardons un peu ce que reflète le miroir des « démocrates » en Haïti. Une petite autocritique en passant ne ferait de mal à personne.  Au contraire, avec un peu d’honnêteté intellectuelle, elle nous aiderait à consolider nos convictions sans tomber dans des certitudes absurdes et à mieux forger l’avenir.


Dans un positionnement prudent et intéressé, les faux-naïfs, les traditionalistes honteux, font semblant de ne pas comprendre qu’en accompagnant ce processus électoral approximatif, vicié à la base, prolongement de celui de monsieur Opont et de ses prédécesseurs, qu’ils sont en plein déni de démocratie réelle, renforçant l’impunité, le statuquo et qu’ils nagent dans un conformisme qui supporte un projet ultraconservateur pour ne pas dire réactionnaire choyé par « l’internationale » et mimé par l’oligarchie locale qui n’augure rien de bon pour le pays.

Avec quelques critiques ça et là, une participation parfois active, parfois passive, sans influencer réellement de manière positive la dynamique qui se développe, au lieu de travailler à l’émergence d’une masse critique pour un changement progressiste, ils feignent, tout en brulant les étapes, de travailler à l’implantation d’une démocratie moderne à l’instar de celles des pays industrialisés alors que le pays peine encore à sortir de « son moyen-âge ». Ainsi, l’enfumage est parfait et la réputation sauve.

Par cette attitude, ils ne font que mettre de l’eau au moulin de ceux qui sont assez confortables dans l’immobilisme d’une situation chaotique dans laquelle mijote le pays depuis bon nombre d’années.  Ils reconduisent le statuquo  dans un formalisme démocratique qui chemine dans l’illégalité, l’impunité et l’injustice générant des crises successives, qui crée de faux espoirs à la population car ils savent pertinemment que les élections mal organisées, contestées, réalisées à la va vite, avec de moins en moins de participation populaire, ne changeront pas grand-chose aux conditions matérielles d’existence de cette dernière. Il faut aussi avoir le courage de questionner certaines pratiques et se remettre en question de temps à autre.

Loin de penser détenir la vérité absolue, nous croyons garder encore une certaine lucidité face à ces conjonctures qui se succèdent, se ressemblent, s’imbriquent et s’annulent. Nous nous présumons  aussi doter d’une certaine raison qui nous permet de constater, d’analyser nos errements et d’identifier cet atavisme qui nous paralyse et qui caractérise encore une bonne partie de notre société. 

KONAKOM: Le parti politique moderne pour le renouveau d'Haiti 

Last modified on Thursday, 15 September 2016 11:31