Sauvons plutôt les vivants

Cela fait plusieurs années depuis que le MOPOD et plusieurs autres partis et personnalités politiques plaidaient, sans succès aucun, pour faire rapatrier la souveraineté électorale c’est-à-dire des élections libres, honnêtes, et démocratiques,  financées exclusivement par le Trésor Public, en toute indépendance politique et dans la pleine conscience du caractère universel de la révolution haïtienne.  Malheureusement, l’une des tares politiques de nos Chefs d’Etat durant ces dernières années est de vouloir diriger à contre-courant de l’histoire et dans un sens contraire à l’opinion générale.

 

Il a fallu attendre le refus sonore des Etats Unis d’Amérique de continuer à participer au cofinancement des élections haïtiennes pour voir se réveiller les consciences endormies, les volontés somnolentes et assister aux manifestations conséquentes de la fierté retrouvée.  Il y a donc un événement déclencheur, d’origine externe, à la soudaineté du réveil patriotique. Mais, il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Le MOPOD salue patriotiquement ce qui reste de la conscience nationale, en des temps si pénibles et fait savoir aux uns et aux autres qu’il est solidaire des élans de générosité exprimés par certains compatriotes en ces moments de confusion tandis qu’il saisit l’occasion pour faire savoir à tout un chacun qu’il est prêt à apporter sa modeste contribution à ce genre de manifestation collective qui fait la grandeur des nations. 

Cependant, une telle initiative mérite d’être organisée et ne peut se réaliser dans l’informel, l’amateurisme et l’anarchie.  Le Gouvernement a dit qu’il n’a jamais sollicité l’aide financière de la communauté internationale mais il n’a pas sollicité, non plus, l’aide de la société civile.  On risque donc de se faire désavouer par l’Administration Privert / Jean-Charles si l’on continue de mettre la charrue avant les bœufs. 

Le bras de fer alimenté respectivement et astucieusement par le Président de la République et le Parlement constitue, à la vérité, un obstacle majeur au projet de faire élire un Président Constitutionnel avant le 7 Février 2017.  Faire reposer, en outre, la réalisation des élections sur un financement aléatoire risque de faire proroger indument le délai nécessaire à la tenue de ces mêmes joutes électorales.  

Si le Gouvernement veut réellement de bonnes élections dans les trois mois qui viennent, il faudrait qu’il arrête d’encourager, de tolérer ou de subir l’impact de facteurs adverses tels que l’insécurité grandissante, la corruption galopante, l’impunité désespérante, la gabegie avilissante et l’incurie suffocante.

Le financement participatif, puisqu’il faut l’appeler par son nom, est une opération tellement importante et complexe qu’il serait mal à propos de vouloir l’utiliser dans des circonstances où il risquerait de ne point produire les résultats escomptés.  Point de dossier de justification, point de budget transparent, point de prévision à long terme, point de démarche diplomatique pour faire comprendre la réaction citoyenne.  Tout se passe comme si la République n’avait aucune compétence pour gérer rationnellement les grands dossiers.  Le MOPOD dit non à l’improvisation et à la médiocrité.

Aussi, fait-il appel aux forces vives de la nation en général et à la jeunesse non corrompue et non criminelle pour voler au secours de la république menacée.  Oui, le pays a besoin de financement participatif pour :

  • Assister les rapatriés de la République Dominicaine
  • Les boursiers haïtiens en difficulté dans les pays d’accueil et dans le pays d’origine
  • Lancer une croisade méthodique contre l’impunité, la famine, le chômage et la pauvreté de masse
  • Fournir l’assistance requise aux professionnels qui reviennent de l’extérieur sans solde, sans promesse de travail et sans espoir de manger le lendemain s’ils ont mangé aujourd’hui
  • Venir en aide aux étudiants et professeurs en difficulté, obligés de recourir à la grève pour se faire entendre
  • Renforcer les infrastructures de lutte contre les inondations et autres catastrophes naturelles ou provoquées par l’homme, en pleine saison cyclonique
  • Mettre en mouvement l’action publique et l’initiative citoyenne contre les voleurs et les dilapidateurs des deniers publics et utiliser les fonds recueillis dans la création d’emplois au profit de tous.

Le MOPOD a toujours soutenu et soutient encore l’idée du financement participatif pour prendre en charge les sept chantiers susmentionnés.  Sauvons les vivants et laissons les morts se reposer en paix !

 

Jean André Victor

Coordonnateur National

Last modified on Tuesday, 19 July 2016 16:30